un contenu artistique donné par des chorales de lutte


James Joyce - A Portrait of the artist as a young man - 1916: 

""Je vous dirai ce que je ferai et ce que je ne ferai pas.
Je ne servirai pas ce en quoi je ne crois plus,
que cela s'appelle ma maison,
ma patrie ou mon église"

Un projet choral en commémoration de la Grande Guerre, en 2014

Le poète se lamente sur son sort, parce qu'il écope en première instance de 8 ans de prison. Après une « intervention d'un ami haut-placé », sa peine est réduite en appel. Mais le poème sans doute le plus connu écrit et chanté en l'honneur du déserteur est de la main de Boris Vian :
  • Monsieur le Président, je ne veux pas la faire,
  • je ne suis pas sur terre pour tuer de pauvres gens.
` "Maintenant des millions de prolétaires de tous les pays tombent au champ de la honte, du fratricide, de l'automutilation, avec aux lèvres leurs chants d'esclaves." Ces mots sont ceux de Rosa Luxemburg en 1915 (la brochure de Junius). « La guerre mondiale ne sert ni la défense nationale, ni les intérêts économiques et politiques de quelque masse populaire que ce soit; elle n'est qu'un produit de la concurrence capitaliste entre les classes capitalistes de différents pays pour la domination mondiale, pour le monopole de l'exploitation et de l'oppression des territoires non encore dominés par le capital. ». Cette analyse n'a, hélas, pas pris une ride. Il suffit de penser à l'Afghanistan, à l'Irak, à la Libye, à la Palestine ...

 

Une réflexion sur la désertion est donc aussi une réflexion sur les raisons qui conduisent à la guerre. Les déserteurs disent, pour diverses raisons, non à ce massacre : "Ceci n'est pas ma guerre". On ne peut pas permettre que leur voix soit étouffée dans le vacarme autour du centenaire de la Première Guerre mondiale. Nous voulons écouter cette voix avec toute notre attention, lui servir de mégaphone et exiger amende honorable pour tous les déserteurs et objecteurs de conscience qui se sont détournés de la logique de guerre. Depuis toujours, la désertion a été une forme de résistance, résistance contre la logique de guerre, résistance contre l'inflexible discipline militaire. Le déserteur porte atteinte non seulement au blason de l'armée de la nation, mais à celui de la nation elle-même. L'Etat ne s'arroge-t-il pas le droit de réquisitionner ses citoyens en tant que soldats et de mettre leur vie en péril?
Voilà les raisons qui ont inspiré ce projet et qui expliquent pourquoi ceci est un thème parfait pour des chorales de lutte et de solidarité. Parce que nous rêvons que: "un jour, ils programmeront une guerre et que personne ne viendra ". Ce sont les déserteurs qui ont donné et qui donnent encore le bon exemple. C'est un thème incontournable pour tous les touristes de guerre et citoyens défendeurs de la paix qui désirent participer à la commémoration de la Grande Guerre. Elle ne fut "grande" que dans sa folie et sa destruction. Et le cri des déserteurs nous incite à ne pas oublier cela.